4. Enjeux et conflits dans le monde après 1989
#1. Un monde unipolaire et une multiplication de guerres civiles (1989-2000)
#A. Première guerre du Golfe
En 1990, l’invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein déclenche une réaction immédiate de l'ONU. Sous l'impulsion des États-Unis, désormais seule superpuissance mondiale, une coalition internationale de plus de 30 pays est mise en place. Cette alliance militaire unie libère le Koweït en 1991 lors de l'opération Tempête du désert, illustrant la mise en place d'un nouvel ordre mondial où les grandes puissances agissent de concert.
#B. Génocides dans les années 1990
Durant les années 1990, la fin de la guerre froide laisse place à de violents conflits internes et identitaires. Face au génocide des Tutsi au Rwanda (1994) et aux massacres en Ex-Yougoslavie (comme à Srebrenica en 1995), l'ONU et la coalition internationale se révèlent d'abord impuissantes à empêcher les massacres. Les interventions militaires tardives et la création de tribunaux pénaux internationaux (TPI) marquent une tentative difficile de la communauté internationale de faire respecter le droit humain.
#C. Le droit international
Face aux échecs des années 1990, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan (1997-2006) pousse à une réforme du droit international. Il défend l'idée que la coalition internationale ne doit pas seulement intervenir pour de la géopolitique, mais a le devoir de protéger les populations civiles contre leur propre gouvernement si nécessaire. L'ONU cherche ainsi à s'affirmer comme le garant d'un monde plus juste, même si sa capacité d'action dépend toujours du bon vouloir des grandes puissances mondiales.
#2. Depuis 2001, un monde multipolaire et des guerres asymétriques
#A. Émergence de puissances régionales
De nouvelles puissances régionales émergent et s'affirment, notamment à travers le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ces pays n'hésitent plus à s'opposer aux décisions occidentales. Dès lors, former des coalitions internationales peut devenir de plus en plus difficile, car les grandes puissances ont des intérêts divergents, ce qui peut potentiellement paralyser le Conseil de sécurité.
#B. Le 11 Septembre 2001
Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, orchestrés par Al-Qaïda, frappent le cœur de la première puissance mondiale et marquent le début de l'ère du terrorisme global. Ce conflit est une guerre asymétrique : elle n'oppose pas deux États, mais un État puissant à un groupe armé non étatique qui utilise la terreur. En réponse, les États-Unis et leurs alliés attaquent l'Afghanistan pour détruire les bases de l'organisation djihadiste, installant une instabilité durable dans la région.
#C. L'extension de la menace terroriste : Daech et AQMI
Dans les années 2010, la menace djihadiste se déplace et se radicalise. En Irak et en Syrie, l'organisation Daech profite du chaos ambiant pour s'emparer d'un vaste territoire et y proclamer un « califat », tout en frappant l'Europe par des attentats meurtriers (comme en France en 2015). En Afrique, notamment dans la région du Sahel, des groupes comme AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) multiplient les attaques et les enlèvements, déstabilisant des États entiers. Face à ces groupes terroristes d'un genre nouveau, qui contrôlent des territoires et se financent de manière autonome, les réponses militaires internationales s'avèrent longues et complexes.
#3. Unilatéralisme et retour des guerres de haute intensité
#A. En Irak
En 2003, les États-Unis envahissent l'Irak pour renverser Saddam Hussein, en affirmant faussement que le régime détient des armes de destruction massive. Cette intervention est un exemple majeur d'unilatéralisme : Washington agit seul avec quelques alliés, sans l'autorisation de l'ONU et contre l'avis de pays comme la France. L'effondrement de l'État irakien plonge le pays dans le chaos et une violente guerre civile, favorisant quelques années plus tard l'émergence du groupe terroriste Daech. À l’inverse des États-Unis, d’autres pays choisissent la voie du multilatéralisme.
#B. En Ukraine
En 2014, la Russie annexe illégalement la péninsule de la Crimée. Les tensions culminent en février 2022 lorsque la Russie lance une invasion massive de l'Ukraine. Cette agression militaire unilatérale marque le retour d'une guerre de haute intensité en Europe, opposant deux États souverains. L'ONU se retrouve paralysée par le droit de veto de la Russie au Conseil de sécurité. En réaction, les pays occidentaux s'unissent pour livrer des armes à l'Ukraine et imposer de lourdes sanctions économiques à Moscou, figeant le conflit dans une guerre d'usure.
#B. En Iran
L'Iran est au cœur des tensions au Moyen-Orient en raison de son programme nucléaire et de son hostilité envers les États-Unis et Israël. Bien que Téhéran affirme développer une filière uniquement civile, la communauté internationale craint que le pays ne cherche à obtenir la bombe atomique pour s'imposer comme la puissance dominante de la région. Malgré un accord signé en 2015 pour limiter ses capacités, le retrait américain en 2018 a relancé la crise, faisant de la prolifération nucléaire en Iran un risque majeur de conflit régional.