Byzance et l'Europe carolingienne
Au Moyen Âge, deux grands empires (des territoires vastes réunissant plusieurs peuples sous l'autorité d'un chef unique) se développent en Europe et autour de la Méditerranée. Héritiers de l'Empire romain, ils construisent des civilisations brillantes (des sociétés organisées partageant une histoire, une langue et des croyances communes) fondées sur la religion chrétienne, mais ils finissent par s'éloigner et s'affronter.
#1. Deux empires chrétiens issus de l'Empire romain
#A. L'Empire byzantin, héritier de l'Empire romain d'Orient
En 395, l'Empire romain est divisé en deux pour être mieux défendu. Quand l'Empire d'Occident s'effondre en 476 (ce qui marque la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge), l'Empire d'Orient survit et prend le nom d'Empire byzantin.
Au VIe siècle, l'empereur Justinien (527-565) se veut l'unique héritier de Rome : il reconquiert une partie du bassin méditerranéen, rassemble les lois romaines (Code Justinien) et fait du grec la langue officielle de son empire.
Les Byzantins se voient comme des Romains. Ce sont les historiens du XVIe qui les ont nommés Byzantins.
#B. L'Europe carolingienne
En Occident, l'Empire romain laisse place aux royaumes barbares, puis au royaume des Francs dirigé par la dynastie des Mérovingiens (fondée par Clovis). Au VIIIe siècle, la dynastie des Carolingiens s'en empare. Le roi Charles (768-814) réunit ces territoires par la guerre. En l'an 800, il est sacré empereur par le pape sous le nom de Charlemagne et restaure l'Empire d'Occident avec le latin comme langue officielle.
Cependant, cet empire est éphémère. En 843, au Traité de Verdun, l'Empire carolingien est partagé entre les trois petits-fils de Charlemagne, donnant naissance à la Francie occidentale, la Francie orientale et la Lotharingie.
Au Xe siècle, face aux attaques et aux raids des Vikings, les rois carolingiens s'avèrent incapables de défendre la population. L'autorité royale s'effondre et les seigneurs locaux prennent le pouvoir dans leurs châteaux, marquant le début de la féodalité.
#2. Le pouvoir des souverains et la division de la Chrétienté
#A. L'organisation du pouvoir impérial
En Orient, l'empereur byzantin, le basileus, est considéré comme l'élu de Dieu. Il détient un pouvoir absolu (militaire, politique et religieux) et s'appuie sur une administration nombreuse depuis sa capitale, Constantinople.
En Occident, Charlemagne gouverne depuis sa capitale, Aix-la-Chapelle. Il divise son territoire en 300 comtés gérés par des comtes, surveillés par les missi dominici (« envoyés du maître »). Il crée l'écriture minuscule caroline pour faciliter l'administration et encourage les écoles.
#B. La christianisation et le Schisme de 1054
Les Empires byzantin et carolingien appartiennent tous deux à la chrétienté (l'ensemble des sociétés ayant le christianisme pour religion). Leurs souverains évangélisent les peuples païens d'Europe et bâtissent d'imposantes églises : la basilique Sainte-Sophie à Constantinople et la Chapelle palatine à Aix-la-Chapelle.
Cependant, les pratiques religieuses s'éloignent progressivement entre l'Orient et l'Occident. En 1054, la rupture est définitive : c'est ce qu'on appelle le Grand Schisme. La religion chrétienne se sépare en deux Églises distinctes :
- l'Église romaine en Occident, sous l'autorité du pape (à Rome),
- l'Église orthodoxe en Orient, sous l'autorité du patriarche (à Constantinople).
#3. Échanges, rivalités et évolution des pouvoirs (XIIe-XVe siècles)
#A. La Méditerranée, un carrefour d'échanges et de conflits
Aux XIIe et XIIIe siècles, la Méditerranée met en contact la chrétienté romaine, l'Empire byzantin orthodoxe et le monde musulman (fondé sur l'Islam, la religion des musulmans guidée par le Coran, et dirigé par des califes, successeurs du prophète Muhammad). Dans les grands ports (comme Venise), marchands et savants circulent, échangeant des soieries, des épices et des savoirs scientifiques.
Mais cet espace est aussi le théâtre de guerres religieuses. Les papes lancent les croisades (expéditions militaires pour défendre le christianisme) pour contrôler les lieux saints comme Jérusalem.
Ces guerres divisent aussi les chrétiens entre eux : en 1204, lors de la quatrième croisade, les chevaliers occidentaux mettent à sac Constantinople.
#B. L'Église comme autorité régissant l'Occident
En Occident, après l'effondrement de l'Empire carolingien et le morcellement politique, l'Église romaine reste la seule institution unifiée. Dirigée par le pape depuis Rome, elle rythme toute la vie quotidienne de la société (baptême, mariage, fêtes religieuses) et fixe les règles morales.
Elle détient également une immense puissance économique grâce aux terres qu'elle possède et à la collecte de la dîme. L'Église contrôle l'enseignement, la copie des manuscrits et la bienfaisance. Le pape affirme sa supériorité sur les rois et les seigneurs en pouvant les excommunier (les exclure de la communauté des chrétiens), faisant de l'Église l'autorité centrale qui encadre et régit la société occidentale.
#C. Le déclin et la chute de l'Empire byzantin
Considérablement affaibli par le pillage de 1204 et la perte progressive de ses territoires face à ses voisins, l'Empire byzantin se réduit peu à peu à sa seule capitale.
En 1453, les Ottomans prennent Constantinople. La chute de la ville marque la fin définitive de l'Empire byzantin et scelle la disparition des deux grands empires héritiers de Rome.