Shanghaï, une métropole mondiale

Shanghaï est une métropole mondiale, c'est-à-dire qu'elle rayonne à l'échelle :

  • locale,
  • régionale,
  • mondiale.

Une métropole est, selon l'étymologie, une "ville mère" (du grec meter polis). Shanghaï est donc une métropole de rang mondial.

Il faut distinguer métropole de mégapole. Une mégapole est une ville qui a plus de 10 millions d'habitants (ex: Tokyo, Lagos, Sao Paulo, Le Caire, Mumbai, etc.). Par ailleurs, une mégalopole, c'est plusieurs villes qui se touchent, c’est une continuité urbaine. Exemple : Le ‘Boswash’, sur la côte est-américaine concentre de nombreuses villes entre Boston et Washington (New York, Philadelphie, etc.)

#1. Histoire récente de Shanghaï

#A. XIXe siècle

Au XIXe siècle, les puissances européennes ont imposé le commerce international à la Chine. Elles se sont donc installées et crée des sphères d'influence en Chine. À Shanghaï, les puissances étrangères ont créé des concessions internationales, ce qui a accéléré le poids de la ville dans l'organisation du commerce international de l'époque. La ville a vite pris une place importante dans le réseau de villes mondiales de l'époque.

#B. XXe siècle

À partir de 1949, la Chine devient République Populaire de Chine (RPC), dirigée par les communistes et Mao Zedong. Mao déteste Shanghai, car elle est symbole de présence étrangère et de l'impérialisme occidental. L'impérialisme, c'est la politique de conquête. Mao dénonce cette politique que les puissances européennes ont mené. Il néglige Shanghaï. Il préfère Pékin, où siège le pouvoir central.

Mais, après la mort de Mao, dès 1979, Deng Xiaoping, le nouveau leader de la RPC, entreprend de moderniser et de développer Shanghaï. Il crée une ZES (Zone Économique Spéciale) à Pudong, pour attirer les entreprises et les capitaux étrangers. Il pense que le développement de Shanghaï sera nécessairement utile au développement de la Chine.

#2. Comment Shanghaï est-elle devenue une ville mondiale?

#A. La ZES de Pudong

La Chine est un pays communiste. Cela signifie que tout le monde doit être au même niveau. Cela signifie aussi que les entreprises étrangères n'ont pas le droit d'y réaliser de profits. Or, en créant la ZES de Pudong, Deng Xiaoping autorise le capitalisme dans cette zone. Son idée, en 1979, est d'attirer les flux d'argent en Chine.

À Pudong, de l'autre côté du Huangpu, en 1979, il n'y a aucun développement urbain. De très grands travaux débutent, très ambitieux : aéroport international, autoroutes, et un train rapide. Ce train rapide est un train magnétique, appelé le Maglev. Sa technologie est allemande, créée par l'entreprise Transrapid.

Deng Xiaoping veut alors que Shanghaï puisse concurrencer d'autres métropoles asiatiques très développées, de rang mondial : Hong Kong, Singapour, Taipei, Tokyo, etc.

Deux ports sont créés: Waigaoqiao, puis Yangshan, un port en eau profonde. Aujourd'hui, Yangshan est le premier port mondial.

#B. Une économie qui évolue vers les services

En économie, on parle de secteurs:

  • le secteur primaire concerne l'agriculture (cultiver la terre et produire l'alimentation),
  • le secteur secondaire concerne l'industrie (les usines)
  • le secteur tertiaire concerne les services (la finance, les bureaux, etc.).

Aujourd'hui, Shanghaï a quasi totalement évolué vers le tertiaire. Elle est aussi devenue, un pôle financier majeur en Asie.

De manière générale, pour évaluer le niveau de développement des pays ou des métropoles, il suffit de regarder leur économie. Les territoires les plus développés ont une économie qui s'est fortement tertiarisée. Les travailleurs en col blanc (costume, chemise blanche et main d'œuvre qualifiée travaillant dans des bureaux) ont remplacé les travailleurs en col bleu (ouvriers dans les usines).

#3. Le revers du succès de Shanghaï

#A. Un étalement urbain incontrôlable

L'attractivité de la métropole a créé un développement urbain considérable. Shanghai est devenue une mégapole. La ville a attiré énormément de migrants de toutes les provinces de Chine (on appelle ces travailleurs migrants des Mingongs).

Le développement démographique (ce qui relève de la démographie concerne la population) a été exponentiel.

L'étalement urbain a donc posé de gros problèmes de transport. Le réseau de métros a dû évoluer très rapidement pour que les migrations pendulaires (les migrations pendulaires sont les déplacements des travailleurs, à heure fixe, vers le travail ou vers le domicile) soient fluides.

Les migrations pendulaires provoquent aussi des embouteillages et aggravent la pollution.

#B. Inégalités sociales

La modernisation du Shanghaï a entraîné des expropriations : l'État a décidé de déplacer des populations pour procéder aux travaux. Les populations les plus précaires sont donc poussées vers la périphérie de Shanghai, ce qui va à l'encontre de la mixité sociale. L'expropriation, c'est le déplacement des populations par le pouvoir central. C'est une pratique courante en Chine, où l'État peut disposer du sol.

De plus, il existe un phénomène de gentrification. Cette gentrification du centre-ville repousse encore davantage les populations les plus pauvres dans la périphérie de Shanghaï. La gentrification, c'est l'investissement et la rénovation des centres par les populations les plus aisées.

Enfin, les inégalités sont renforcées car les migrants venant d'autres provinces (Mingongs) ne disposent pas des mêmes droits que les Shanghaïens. Ils sont souvent considérés par les locaux comme des citoyens de seconde zone.

#C. Défis environnementaux

Des décennies de développement soutenu et la modernisation à marche forcée de la ville ont créé de graves problèmes de pollution. La qualité de l'air a posé un problème sanitaire très important, avec la présence de smog.

Aujourd'hui, les investissements et le développement des voitures électriques subventionnées par l'État ont permis de régler partiellement le problème. Des groupes automobiles ont vu le jour et se sont rapidement développés, comme BYD. D'autres acteurs de la technologie, comme Xiaomi, se sont aussi lancés dans le marché de la voiture électrique.

Enfin, le déplacement des industries polluantes des périphéries de Shanghaï vers des provinces du centre de la Chine a contribué à régler un problème qui était de l'ordre de la catastrophe il y a à peine dix ans.